Une voix dissidente dans le consensus ambiant
En janvier 2026, alors que la dette publique française vient d’atteindre 3 482 milliards d’euros selon l’INSEE — soit 117,4 % du PIB — l’intervention de Charles Gave sur le podcast Legend résonne comme un électrochoc. Loin des euphémismes technocratiques, cet économiste de 83 ans, fondateur de Gavekal Research et président de l’Institut des Libertés, porte un diagnostic sans détour sur l’état des finances françaises. Ses mots ? « État obèse », « système Ponzi », « fuite en avant ». Son message pour les dirigeants et investisseurs ? Comprendre les dynamiques de transfert de richesse en cours et adapter sa stratégie avant qu’il ne soit trop tard.
Ce que ressentent les leaders d’entreprise
La pression fiscale qui étouffe — Avec des prélèvements obligatoires à 51,3 % du PIB en 2024 contre une moyenne de 46,5 % dans la zone euro, la France impose à ses entreprises un surcoût qui complique le recrutement de talents internationaux et réduit la compétitivité face aux voisins européens.
L’insécurité réglementaire permanente — Les changements fiscaux récurrents, l’instabilité budgétaire chronique depuis cinquante ans et l’impossibilité d’adopter un budget en 2025 créent un climat où anticiper devient un exercice périlleux. L’État apparaît davantage comme un obstacle que comme un facilitateur.
L’érosion du pouvoir d’achat et ses conséquences — La charge de la dette représente désormais 74 milliards d’euros prévus pour 2026, soit le premier poste budgétaire de l’État, dépassant le budget de la Défense. Cette ponction massive limite mécaniquement les investissements publics et pèse sur la consommation intérieure.
La fuite des capitaux et des cerveaux — Plus de 53 % de la dette française est détenue par des investisseurs étrangers. Entre le troisième trimestre 2023 et 2024, 75 % de la dette nouvellement émise a été acquise par des non-résidents, témoignant d’une dépendance accrue aux marchés internationaux dans un contexte de défiance croissante.
Le diagnostic en 90 secondes
Charles Gave dresse un constat sévère de l’économie française en ce début 2026. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, la dette publique atteint 117,4 % du PIB, après avoir progressé de 181 milliards d’euros en un an. L’économiste pointe trois dysfonctionnements structurels : un système de retraites par répartition qu’il juge mathématiquement insoutenable avec le vieillissement démographique, une fonction publique surdimensionnée comparée à l’Allemagne, et une perte de souveraineté énergétique et monétaire liée à l’Euro.
Ses solutions radicales incluent un passage aux retraites par capitalisation, une réduction drastique des effectifs publics, et une sortie de la zone euro pour retrouver une capacité de dévaluation compétitive. Pour les investisseurs, son conseil stratégique est clair : diversifier hors zone euro en privilégiant l’or, le Bitcoin et les entreprises exportatrices comme Air Liquide ou LVMH, moins exposées au risque domestique français.
Le paradoxe français en 2026
Nous sommes en janvier 2026. La France vient de franchir un nouveau seuil psychologique avec une dette qui dépasse les 3 480 milliards d’euros. Pour la première fois depuis la crise du Covid, le pays se retrouve dans une situation où même l’adoption d’un budget devient problématique : l’échec de la commission mixte paritaire en décembre 2025 a obligé le gouvernement à recourir à une loi spéciale, avec une perte estimée de 6,5 milliards d’euros de recettes selon l’OFCE.
Dans ce contexte, l’analyse de Charles Gave trouve une résonance particulière. D’un côté, la croissance française affiche une certaine résilience relative face aux turbulences européennes. De l’autre, les fondamentaux qu’il évoque soulèvent des questions que même les économistes mainstream ne peuvent plus ignorer complètement. La comparaison avec la Suisse — un État qui gère environ 30 % du PIB avec une démocratie directe — versus un système français centralisé à plus de 57 % de dépenses publiques, alimente les débats depuis des années.
Gave s’inscrit dans la lignée des économistes de l’école autrichienne, pour qui l’argent appartient à ceux qui le produisent et toute intervention étatique excessive crée des distorsions qui finissent par nuire aux plus fragiles. Ses prévisions catastrophistes ne se sont pas toutes réalisées — notamment sa prédiction d’une fin imminente de l’Euro formulée dans les années 2000 — mais ses alertes sur la dette trouvent aujourd’hui un écho dans les chiffres officiels.
Décryptage des thèses centrales
1. Le « système Ponzi » des retraites — Une métaphore provocante pour un problème réel
Pour Charles Gave, le système de retraites par répartition français repose sur une arithmétique insoutenable. L’analyse factuelle montre effectivement un déséquilibre croissant : le ratio cotisants/retraités se dégrade mécaniquement avec le vieillissement démographique. Selon les projections du Conseil d’orientation des retraites, ce ratio devrait passer de 1,7 cotisant pour un retraité en 2020 à environ 1,3 en 2070.
L’appellation « système Ponzi » est volontairement polémique. Un véritable système Ponzi est une escroquerie où les rendements des premiers investisseurs sont payés par les fonds des nouveaux entrants, sans création de valeur réelle. La retraite par répartition, elle, repose sur un contrat social intergénérationnel assumé. La nuance est importante, mais Gave veut pointer le fait qu’en l’absence d’ajustements (hausse des cotisations, baisse des pensions, recul de l’âge de départ), le système nécessite un flux constant de nouveaux cotisants toujours plus nombreux — une impossibilité démographique.
La solution proposée : basculer vers la capitalisation, où chaque individu constitue son propre capital retraite investi sur les marchés financiers. Le modèle existe en Suisse, aux Pays-Bas, ou dans les pays anglo-saxons avec des résultats contrastés. L’objection majeure : comment financer la transition sans créer un « trou » pour la génération intermédiaire qui devrait à la fois cotiser pour les retraités actuels ET épargner pour sa propre retraite ?
2. L’État « obèse » — Les chiffres de la fonction publique en perspective
Le discours de Gave sur le surdimensionnement de la fonction publique française mérite une analyse nuancée. Selon les données de l’INSEE publiées en 2025, la France compte 5,8 millions d’agents publics fin 2023, soit environ 20 % de l’emploi total. L’Allemagne, avec 11 % selon l’OCDE, présente effectivement un ratio deux fois inférieur.
Cependant, la comparaison directe comporte des biais méthodologiques importants. En Allemagne, la quasi-totalité des hôpitaux est exclue du champ des administrations publiques et classée dans le secteur privé ou semi-privé. En France, les 1,24 million d’agents de la fonction publique hospitalière sont comptabilisés comme fonctionnaires. De même, les enseignants du privé sous contrat en France (environ 140 000) sont rémunérés par l’État mais ne sont pas strictement « fonctionnaires ».
Une étude de la Fondation IFRAP de 2023 estime qu’à périmètre comparable et population équivalente, la France aurait entre 1,4 et 1,8 million d’agents publics « en trop » par rapport à l’Allemagne. Le coût ? Les rémunérations publiques représentent environ 5,6 points de PIB supplémentaires en France comparé à l’Allemagne.
L’enjeu dépasse le simple nombre : il s’agit aussi de la productivité de ces emplois publics, de leur répartition (excédents dans certains secteurs, pénuries dans d’autres comme l’éducation avec 2 500 postes non pourvus à la rentrée 2025), et du coût des charges sociales qui doublent pratiquement le salaire net.
3. Souveraineté énergétique et monétaire — Le double abandon selon Gave
Sur l’énergie, Gave fustige l’abandon progressif du nucléaire français sous pression européenne et particulièrement allemande. Les faits donnent partiellement raison à cette critique : la France disposait dans les années 2000 d’une électricité parmi les moins chères d’Europe grâce à son parc nucléaire. L’accélération vers les énergies renouvelables, sans stratégie cohérente de stockage ou de pilotabilité, a conduit à une hausse des coûts et à une dépendance accrue aux interconnexions européennes.
Sur l’Euro, sa position est plus radicale et sujette à controverse. Gave soutient que la monnaie unique empêche la France d’ajuster sa compétitivité par la dévaluation monétaire, outil traditionnel des pays du Sud de l’Europe. L’argument a une logique économique : sans dévaluation possible, le seul ajustement passe par une « dévaluation interne » (baisse des salaires, des prix) politiquement explosive.
Mais sortir de l’Euro comporterait des risques massifs : explosion du coût de la dette (libellée en euros), inflation importée sur tous les biens et services, fuite des capitaux, isolement commercial. Les économistes sont profondément divisés sur ce point. L’exemple du Brexit britannique, qui n’impliquait pourtant pas de sortie de la livre sterling, montre la complexité de toute « déconstruction » européenne.
4. Stratégie d’investissement — La « sortie de France » pour se protéger
C’est sans doute le point le plus concret pour les dirigeants et investisseurs. Gave recommande trois axes :
Les actifs de précaution — L’or physique et le Bitcoin comme protection contre l’inflation et la dépréciation monétaire. L’or a effectivement montré sa résilience historique en période de crise monétaire. Le Bitcoin, plus volatil, représente pour Gave une « monnaie de liberté » échappant au contrôle des banques centrales, même si sa valorisation reste spéculative.
Les entreprises exportatrices — Privilégier des groupes comme LVMH, Air Liquide, ou Schneider Electric qui réalisent 70 % à 90 % de leur chiffre d’affaires hors de France. La logique : ces entreprises sont moins exposées au risque domestique français (fiscalité, ralentissement économique) et bénéficient de la croissance mondiale.
La diversification géographique — Ne pas concentrer son patrimoine en actifs libellés en euros ou dépendants de l’économie française. Cette recommandation rejoint les principes classiques de gestion de portefeuille, même si elle peut paraître défaitiste vis-à-vis de l’économie nationale.
5. La charge de la dette — Le premier budget de l’État
Un élément factuel incontestable : la charge de la dette devient structurellement le premier poste de dépense. Avec 74 milliards d’euros prévus en 2026 (contre 67 milliards en 2025 et 58 milliards en 2024), les intérêts représentent désormais plus que le budget de la Défense hors pensions.
Cette dynamique s’explique par deux facteurs : la hausse du stock de dette (qui augmente de 5 000 euros par seconde selon les horloges de dette en temps réel) et la remontée des taux d’intérêt. Le taux apparent sur la dette française est passé de 1,3 % fin 2020 à environ 2,8 % aujourd’hui, à mesure que les anciennes obligations à taux zéro arrivent à échéance et doivent être refinancées à des taux plus élevés.
Chaque foyer fiscal payant l’impôt sur le revenu consacre ainsi l’équivalent de 10,70 euros par jour uniquement au paiement des intérêts. Près de trois quarts de l’impôt sur le revenu total collecté sont absorbés par cette charge. C’est un effet d’éviction direct : moins de ressources disponibles pour l’éducation, la santé, les infrastructures.
FAQ — Nuancer et contextualiser
Les chiffres de Charles Gave sont-ils exacts ? Les ordres de grandeur sont corrects mais nécessitent des précisions. La dette de 3 482 milliards d’euros à fin septembre 2025 est confirmée par l’INSEE. Le taux de dépenses publiques à 57 % du PIB également. En revanche, la comparaison avec l’Allemagne sur les fonctionnaires doit tenir compte des différences méthodologiques (hôpitaux, périmètres). Sur le fond, la France dépense effectivement nettement plus que ses voisins en proportion du PIB, mais ce surcoût finance aussi un modèle social spécifique (santé quasi-gratuite, éducation publique jusqu’au doctorat, etc.).
Sortir de l’Euro est-il réellement envisageable ? C’est probablement le point le plus contesté de la thèse de Gave. Les économistes se divisent radicalement. Les partisans d’une sortie soutiennent qu’elle permettrait de retrouver une compétitivité par la dévaluation. Les opposants mettent en avant plusieurs risques majeurs : explosion du coût du service de la dette (libellée en euros), inflation importée massive, fuite des capitaux, perte d’accès aux marchés financiers internationaux. L’exemple grec de 2015, qui a failli sortir de l’euro sous la contrainte, montre la violence potentielle d’un tel scénario. Aujourd’hui, aucun mouvement politique majoritaire en France ne porte sérieusement ce projet.
Pourquoi conseiller le Bitcoin aux jeunes générations ? Pour Gave, le Bitcoin représente une « monnaie de dissidence » échappant au contrôle des banques centrales et des États. Dans son analyse, c’est une protection contre la confiscation monétaire par l’inflation ou les mesures exceptionnelles (comme le prélèvement sur les comptes bancaires lors de la crise chypriote en 2013). Les critiques soulignent la volatilité extrême du Bitcoin, son absence de rendement intrinsèque, sa consommation énergétique, et son statut juridique encore flou. Pour un jeune investisseur, la recommandation classique reste une diversification entre actions, obligations, immobilier et liquidités, avec éventuellement une petite part en actifs alternatifs comme l’or ou les cryptomonnaies.
Le système de retraites va-t-il vraiment s’effondrer ? Le terme « effondrement » est probablement excessif. Le système de retraites français fait face à des défis démographiques réels, mais il existe des leviers d’ajustement : allongement de la durée de cotisation (déjà en cours), recul de l’âge de départ effectif à la retraite, modulation des pensions, évolution du taux de remplacement. Le Conseil d’orientation des retraites projette un besoin de financement de 0,4 à 1 point de PIB d’ici 2070 selon les scénarios économiques — c’est un défi mais pas une catastrophe inéluctable. Le passage à un système par capitalisation soulève la question du financement de la transition et expose les retraites aux aléas des marchés financiers (comme l’ont vécu les Américains lors de la crise de 2008).
La France peut-elle éviter une crise de la dette ? La situation est tendue mais pas désespérée. Contrairement à la Grèce en 2010, la France garde accès aux marchés et continue d’emprunter, même si les taux remontent. L’Agence France Trésor doit placer 310 milliards d’euros en 2026, un record, mais trouve encore preneurs. Deux agences de notation (Fitch en septembre 2025, Standard & Poor’s en octobre 2025) ont dégradé la note française d’un cran, passant de AA- à A+. Cela augmente légèrement le coût d’emprunt mais ne déclenche pas (encore) de spirale de défiance. Le scénario catastrophe nécessiterait un choc majeur : perte de confiance brutale des investisseurs, hausse incontrôlée des taux, impossibilité de refinancer la dette arrivant à échéance. Pour l’éviter, la France doit impérativement réduire son déficit structurel et stabiliser le ratio dette/PIB.
Glossaire — Comprendre le vocabulaire économique
Dette publique : Ensemble des emprunts contractés par l’État, les collectivités locales, les organismes de sécurité sociale et les organismes divers d’administration centrale. Elle représente le cumul des déficits annuels. En France, elle s’établit à 117,4 % du PIB fin 2025.
Déficit public : Différence négative entre les recettes et les dépenses des administrations publiques sur une année donnée. La France affiche un déficit de 5,4 % du PIB en 2025, loin de l’objectif de 3 % fixé par le traité de Maastricht.
PIB (Produit Intérieur Brut) : Valeur totale de tous les biens et services produits sur le territoire français en une année. C’est l’indicateur principal de la richesse nationale. En 2025, le PIB français est d’environ 2 970 milliards d’euros.
Système de retraites par répartition : Modèle où les cotisations des actifs d’aujourd’hui financent directement les pensions des retraités actuels, sans constitution d’épargne individuelle. C’est le système français actuel, fondé sur la solidarité intergénérationnelle.
Système de retraites par capitalisation : Modèle où chaque personne épargne pour sa propre retraite en investissant sur les marchés financiers (actions, obligations, immobilier). Les pensions dépendent des performances des placements réalisés.
Charge de la dette : Montant des intérêts payés chaque année pour rémunérer les détenteurs d’obligations d’État. En 2026, elle atteint 74 milliards d’euros, devenant le premier poste de dépense de l’État.
Taux d’intérêt apparent : Taux moyen payé sur l’ensemble du stock de dette publique. Il est passé de 1,3 % en 2020 à environ 2,8 % aujourd’hui, reflétant la remontée des taux sur les marchés.
Agence de notation : Organisme privé (Fitch, Moody’s, Standard & Poor’s) qui évalue la capacité d’un État à rembourser sa dette et lui attribue une note. Une dégradation augmente le coût des emprunts futurs.
Prélèvements obligatoires : Ensemble des impôts, taxes et cotisations sociales collectés par les administrations publiques. En France, ils représentent 51,3 % du PIB en 2024.
École autrichienne d’économie : Courant de pensée libéral mettant l’accent sur l’importance de la liberté individuelle, la propriété privée et la limitation de l’intervention étatique. Charles Gave s’en inspire largement.
Qui est Charles Gave ?
Né le 14 septembre 1943 à Alep en Syrie, Charles Gave est un financier, essayiste et entrepreneur français. Diplômé de Sciences Po Toulouse (1967) et titulaire d’un MBA de finance obtenu aux États-Unis, il fonde en 1999 Gavekal Research, une société de conseil financier basée initialement à Hong Kong puis à Londres, qui conseille des investisseurs institutionnels dans le monde entier.
En 2012, il crée avec sa fille Emmanuelle et d’autres entrepreneurs l’Institut des Libertés, un think tank libéral-conservateur qui promeut les idées de liberté économique et de limitation du rôle de l’État. Auteur prolifique, il a publié plusieurs essais remarqués dont « Des Lions menés par des ânes » (2001), où il annonçait la faillite de l’euro, et « Sire, surtout ne faites rien » (2016).
Politiquement, Charles Gave a soutenu plusieurs initiatives de la droite conservatrice et eurosceptique. Il a brièvement financé la campagne d’Éric Zemmour en 2021-2022 avant de s’en retirer. Favorable à une union des droites, à la sortie de l’euro et critique virulent du modèle de l’État-providence, il incarne une voix dissidente dans le paysage économique français.
À 83 ans, Charles Gave continue de commenter régulièrement l’actualité économique et politique sur la chaîne YouTube de l’Institut des Libertés, où ses analyses rencontrent un large public, notamment parmi les entrepreneurs et investisseurs en quête de grilles de lecture alternatives au discours dominant.
Liens & sources utiles
📊 Données officielles :
- INSEE – Dette publique trimestrielle : https://www.insee.fr/
- Vie Publique – Synthèse dette et finances publiques : https://www.vie-publique.fr/
- Banque de France – Indicateurs de dette : https://www.banque-france.fr/
💡 Think tanks et analyses :
- Institut des Libertés (Charles Gave) : https://institutdeslibertes.org/
- Fondation IFRAP – Analyses comparatives européennes : https://www.ifrap.org/
- Fipeco – Fiches pédagogiques finances publiques : https://fipeco.fr/
🎙️ L’intervention analysée :
- Podcast Legend avec Charles Gave : https://youtu.be/tQXJufqkafo
- Chaîne YouTube Institut des Libertés : https://www.youtube.com/@CharlesGaveIDL
📈 Suivi en temps réel :
- Horloge de la dette publique française : https://horloge-de-la-dette-publique.com/
Bibliographie sélective
Par Charles Gave :
- Des Lions menés par des ânes, Robert Laffont, 2001
- Sire, surtout ne faites rien, Jean-Cyrille Godefroy, 2016
- L’État est mort, vive l’État, 2012
- Les Mondes de demain, 2024
Sur les finances publiques françaises :
- Cette fois, c’est différent – Carmen Reinhart & Kenneth Rogoff (sur les crises de dette)
- La route de la servitude – Friedrich Hayek (référence de l’école autrichienne citée par Gave)
- Rapports annuels de la Cour des Comptes sur la situation des finances publiques
Analyses comparatives :
- Publications de l’OCDE sur l’emploi public comparé
- Études d’Eurostat sur les dépenses publiques en Europe
Perspective — Que retenir pour piloter dans l’incertitude ?
Qu’on adhère ou non aux solutions radicales de Charles Gave, son diagnostic impose une réflexion sur la résilience de nos organisations et de nos patrimoines. Trois enseignements émergent de cette analyse pour les dirigeants :
Premièrement, la dépendance à un seul système — qu’il s’agisse de la monnaie unique, du système de retraites par répartition, ou d’un marché domestique — crée une vulnérabilité structurelle. La diversification géographique et monétaire des investissements n’est pas du défaitisme, c’est de la prudence élémentaire dans un contexte d’incertitude croissante.
Deuxièmement, la charge de la dette devient un enjeu politique et social majeur. Chaque point de croissance perdu à cause du poids de l’endettement, c’est moins de ressources pour l’innovation, l’éducation, les infrastructures. Pour une entreprise exportatrice, c’est un environnement domestique qui se détériore progressivement. Pour un entrepreneur local, c’est une pression fiscale qui ne risque pas de baisser.
Troisièmement, le débat sur le modèle français n’est plus tabou. Pendant des décennies, remettre en question la taille de l’État ou le système de retraites relevait de l’hérésie politique. Aujourd’hui, même des économistes mainstream reconnaissent que des ajustements sont inévitables. La question n’est plus « faut-il réformer ? » mais « comment réformer sans provoquer une explosion sociale ? ».
Pour un leader visionnaire, l’exercice consiste à naviguer dans cette transition sans certitude. Charles Gave propose une grille de lecture cohérente, même si radicale. D’autres économistes défendent des approches plus progressistes (investissement public massif, mutualisation de la dette européenne, taxation du capital). L’essentiel est de comprendre les mécanismes en jeu pour prendre des décisions éclairées.
La souveraineté d’un dirigeant d’entreprise commence par l’indépendance financière de ses choix stratégiques. Dans un environnement où l’État français consacre 74 milliards d’euros au service de sa dette plutôt qu’à l’accompagnement des entreprises, cette indépendance devient un actif précieux.
💬 Votre analyse compte
Le modèle social français est-il encore réformable sans rupture brutale ? Entre une dette qui franchit seuil après seuil, des agences de notation qui dégradent la note du pays, et une impossibilité chronique à dégager des consensus politiques, le statu quo paraît de moins en moins tenable.
Pourtant, les exemples du Canada (années 1990), de la Suède (années 1990), ou des Pays-Bas montrent que des pays peuvent redresser leurs finances publiques en quelques années par des réformes structurelles courageuses. La question est : la France a-t-elle les ressources politiques et sociales pour emprunter ce chemin ?
Partagez votre perspective : Êtes-vous plutôt dans une stratégie de protection (diversification, actifs refuges) ou d’optimisme raisonné sur la capacité de redressement du pays ? Comment anticipez-vous les prochaines années dans votre pilotage stratégique ?
Note éditoriale : Les analyses présentées dans cet article reflètent les positions de Charles Gave et s’appuient sur des données publiques vérifiables. Les Leaders Visionnaires privilégie une approche factuelle permettant à chacun de forger sa propre opinion plutôt que d’imposer une grille de lecture unique. Les sujets économiques et monétaires font l’objet de débats scientifiques légitimes entre économistes de bonne foi.
En savoir plus sur lesleadersvisionnaires.fr
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




